l'EXPO
Quand j'ai lu "EXPO" sur le planning des copains, au début, j'ai cru qu'ils allaient voir une exposition sur les dépendances...
En fait, il s'agit d'exercices d'exposition aux substances problématiques. Et la semaine dernière, c'était mon tour, j'ai eu deux cours sur le sujet: un premier cours pour nous expliquer de quoi il s'agissait, et un deuxième pour "l'exposition" en elle-même. Le deuxième cours n'était pas obligatoire, et on devait dire à la fin du premier cours si on était prêt pour cette aventure, et si oui, avec quelle substance.
J'ai trouvé que c'était une bonne idée de m'exposer à l'alcool, dans un premier temps dans un endroit sûr (avant d'aller courir le bars dans les prochaines semaines bien sûr), avec une psychologue qui nous permettrait de voir quelles sont nos réactions et de s'introspecter un peu. Je me suis donc inscrite avec du "vin blanc sec".... Très précise en effet car je me suis dit qu'avec du vin doux je n'aurais pas la même envie...
Et le jour venu, la psychologue a apporté un plateau avec les "substances". J'avais le droit à une bouteille de vin blanc sec suisse de type non-piquette et bien fraiche (vraiment comme il faut - la condensation gouttait à l'extérieur). Bref, mon type de vin préféré. On m'a mis à disposition également un verre et un tire-bouchon. C'était à moi de l'ouvrir, mais pas tout de suite. J'ai du passer déjà 10 bonnes minutes avec la bouteille en face de moi à prendre des notes sur mon état psychologique et physique. Je n'avais pas grand chose à noter.
Après quoi, j'ai dû ouvrir la bouteille moi-même. Je n'avais pas encore le droit de le sentir.
Après un petit moment, j'ai pu le sentir et il sentait très bon!! Là j'avais déjà plus de choses à noter. Ensuite, j'ai du verser le vin dans le verre - mais quel bruit mes amis!!! glouglouglou.... Le vin me faisait clairement de l'oeil. Je notais tout.
Enfin, j'ai du rester bien 15 minutes à amener le verre à mon nez pour ensuite le reposer, et ainsi de suite. Ce n'était pas l'heure de l'apéro (il était 14h), je n'avais pas eu de contrariété, ni un jour stressant, mais le vin donnait quand même bien envie! Je salivais (oui, oui!) et n'étais pas très à l'aise. Plus j'attendais, plus la tentation, certes purement hypothétique, était grande.
Quand les autres avaient eu une montée de désir de consommation soudaine à la vue de "leur substance" (canabis, benzodiazépines...) et ensuite un retour à la normale plus lent mais relativement rapide, moi mon désir continuait à monter!
Après un moment qui m'a paru très long (pas question de quitter la pièce avant que l'envie ne commence à diminuer), je commençais à me lasser et mon cerveau, qui juste avant criait "juste un petit peu, juste un petit peu" (alors que consciemment je sais très bien que un petit peu n'est absolument pas possible), enfin se calma un peu.
La réunion était terminée.
Mais 30 minutes plus tard, je pensais ENCORE à ce satané vin!
Conclusion: c'était une expérience très importante et je dirais nécessaire. Je me croyais hyper forte, puisque en toute âme et conscience j'ai renoncé pour tout jamais à l'alcool, que je choisis la vie plutôt que la mort, que reboire serait tomber plus bas que bas (vu qu'à chaque fois ca s'empire)... Mais mon âme et conscience ne sont qu'une partie de moi. Une autre, bien cachée dans le cerveau primitif, mais bien entrainée au long des années, me fait saliver et penser "juste une goutte, après j'arrête"! Cette partie là semble avoir besoin de temps pour ré-apprendre...

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